DOMAINE DU BOSC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le domaine, d'une superficie de 90 ha, se trouve proche d'AGDE

sur la butte qui domine VIAS

à quelques kilomètres de la mer Méditerranée.
Le sol d'origine volcanique, est composé de tufs basaltiques

(roche poreuse, légère, formée de cendres volcaniques : "les cinérites du Bosc")

et de sédiments marins. 

 www.domaine-du-bosc.com  

 Le terroir volcanique

Un volcan blanc et silencieux, en pleine mer.

 Voilà l'origine des tufs volcaniques que les géologues ont dénommé "cinérites du Bosc". 

Il y a un million d'années, la mer recouvrait toute la zone littorale. La croûte terrestre, un peu moins épaisse à cet endroit, laisse échapper quelques gaz et des matières incandescentes.

Et puis, c'est l'explosion, un magnifique spectacle que décrit HAROUN TAZZIEF dans un film d'explosions volcaniques similaires : la cheminée du volcan à 100-500 mètres sous la surface est envahie par l'eau de mer qui s'échauffe et se vaporise créant un gigantesque geyser. C'est dans un nuage de vapeur que montent à plus de 1000 mètres des fragments de lave associés à un nuage de poussière. Et les explosions se suivent à intervalles réguliers pour recréer ce feu d'artifice féerique, ce volcan qui naît tout blanc en silence, retombe tout noir et s'étale au fond de la mer. Cette singularité d'un volcan silencieux et blanc constitue l'originalité de ces volcans assez rares.

Les scories, la poussière de lave explosée, s'agglomèrent sous l'eau en stratification que l'on trouve à la fois au CAP D'AGDE et à VIAS où elles portent le nom de "cinérites du Bosc".

La conque du CAP D'AGDE en révèle une magnifique coupe. En effet dans un écrin superbe bordé par le débordement basaltique qui a suivi le "volcan blanc", le volcan a émergé à Agde et a fonctionné de façon classique avec d'importantes coulées de lave par dessus la conque et jusqu'au bord de l'Hérault où elles ont constitué le port naturel d'Agde établi par les Grecs il y a plus de 2000 ans.

Enfin une remontée du sol a fait émerger les zones cinérites en même temps que cette zone littorale qui est fort complexe par les mélanges ou la juxtaposition d'éléments de charriages, de poussières volcaniques incluses dans ce milieu et de cailloutis de l'époque glaciaire.

De ce type de sol, il existe seulement quelques centaines d'hectares, existence liée aux conditions exceptionnelles ci-dessus.

Le climat de cette région est typiquement méditerranéen, avec ses pluies parfois diluviennes en automne et en hiver, la vigueur du vent du nord, la complète sécheresse l'été.

C'est donc la conjonction de ces facteurs de sol, de climat, de la proximité de la mer et du soleil de SUD DE FRANCE qui est à l'origine de la rareté et de la spécificité des vignobles du Domaine du Bosc et qui définit son terroir.

  L'environnement

De cette butte volcanique de 25 mètres seulement, la vue s’étend très loin au Sud jusqu’au Cap Creux, la naissance en mer de la chaîne des Pyrénées qui se développe au Sud-Est, dominée par le Canigou à 2800 mètres ; puis à l’Est la Montagne Noire, l’Espinousse à 1600 mètres, le plateau du Carroux à 1200 mètres au Nord-Est couronnent les avancées des piémonts qui enserrent les vallées du Jaur et de l’Orb ; enfin au Nord les Cévennes.

Par mistral assez fréquent, les couchers de soleil superbes méritent une halte prolongée sur les chemins d’accès au domaine.

En hiver, le matin, pour ceux qui aiment la marche rapide,la chaîne des Pyrénées couverte de neige, scintille au soleil dans une palette de rose en opposition avec le ciel qui utilise toutes les nuances de bleu jusqu’au vert.

Cette visibilité exceptionnelle est la conséquence de ce vent d’Ouest-Nord-Ouest qui balaye nuages et brumes, ne trouvant rien pour arrêter sa fougue.

Quant à la géologie, aux paysages, à l’habitat, il y a de quoi satisfaire les touristes les plus exigeants pendant des mois et même des années, si bien que certains, après des vacances de découverte s’y fixent pour poursuivre leur relation avec ce pays chargé d’histoires humaines.

 Les méthodes de culture de la vigne

Au Domaine du Bosc, depuis toujours on pratique le labour intégral, sans désherbage chimique, le tracteur ayant remplacé les chevaux dès la fin de la seconde guerre mondiale. Les apports d'engrais se font uniquement sous la forme d'amendements organiques, afin de respecter les équilibres du sol.

La plupart des cépages sont taillés selon la méthode ROYAT qui amène une meilleure régularité dans la production et une maturité plus régulière.

La protection des végétaux est assurée selon la méthode de la lutte raisonnée : nous appliquons le produit de traitement uniquement quand le parasite menace de porter préjudice à la santé de la vigne. Il s'agit donc d'une lutte extrêmement ciblée, utilisant des produits à spectre étroit, qui respectent autant que possible la chaîne des prédateurs naturels.

 Les vendanges

On pratique au Bosc la vendange mécanique depuis plus de 15 ans. 

Hier, une "colle " de plus de 40 coupeurs commençait les vendanges alors que le raisin était à peine mûr, et les finissait alors que le raisin était déjà trop mûr...

Aujourd'hui, la machine à vendanger équipée d'égrappoirs rentre dans les vignes de Chardonnay à l'optimum de maturité aromatique et physiologique, dès 1H du matin, pour s'arrêter à 9 H avant que la chaleur ne réchauffe les baies...

Un gain inestimable dans la voie vers la qualité.

Les vinifications

Celles-ci concernent l'élaboration à la fois de vins multicépages et de vins monocépages, tous labelisés Pays d'Oc IGP.

En blanc : réfrigération de la vendange par échangeur tubulaire, macération pelliculaire. Pressurage de la vendange avec presse horizontale (de type champenois). La lenteur de ce procédé permet une extraction optimale du jus. Décantation par le froid et fermentation à température contrôlée, soutirage, suivi de la clarification dans un bref délai.

En rosé : la méthode utilisée est la saignée. Après une brève macération, le jus est récupéré, ensuite même processus que pour les blancs.

En rouge : deux méthodes. La première est une vinification classique avec fermentation contrôlée en température, puis coulage de la cuve et séparation des jus de goutte et de presse. La deuxième est la macération carbonique : vendanges à la main, macération des grains entiers pendant plusieurs jours et puis assemblage avec les jus de presse. Plus particulièrement destinées aux cépages Grenache et Syrah.

La conservation des vins : Les vins sont conservés toute l'année, et en particulier pendant la saison chaude (qui s'étend souvent d'avril à septembre), en cuves thermorégulées et isolées, à une température de 15°C. Cela permet d'éviter l'usure des vins et de leur conserver fraîcheur et arômes.

L'histoire du Domaine du Bosc

L'histoire du Domaine du Bosc se confond avec celle de la vigne dans la région d'Agde, ville fondée par les Grecs au Vè siècle avant Jésus Christ, ceux-ci pour remercier leurs dieux de les avoir conduits en si bel endroit, sains et saufs, y plantèrent quelques pieds de vigne en offrande...
Depuis cette époque, la culture de la vigne n'allait jamais cesser de prospérer. Les légionnaires romains qui en récompense de leurs faits d'armes, recevaient des terres en Narbonnaise, furent à l'origine du développement du vignoble. Les vins étaient expédiés vers Rome par mer et les quantités sans cesse croissantes provoquèrent les premiers conflits  dûs aux excédents de vins entre la "mère patrie" et sa lointaine province.

Au XVè siècle le DOMAINE DU BOSC est la propriété des évêques d'Agde' ; il est administré par les moines qui y font le vin : vous dégusterez dans la salle où ils cuisaient leur pain dans le four en pierre de basalte. A partir de cette époque le DOMAINE DU BOSC et sa région vont connaître de riches heures, puisque le port d'Agde permet l'expédition des barriques vers l'Italie, l'Espagne, la Grèce, l'Angleterre, la Hollande. Plus tard au XVIIIè le Canal du Midi essaiera d'ouvrir une voie plus courte et moins périlleuse. 
Mais déjà le chemin de fer est là qui concurrence le canal. Il va permettre d'expédier rapidement les vins vers le nord du pays où se trouvent les grandes villes industrielles et leurs populations importantes ; Celles-ci vont créer une demande sans cesse croissante. Le DOMAINE DU BOSC participe alors à cette explosion économique en plantant de nouvelles vignes, Mourvèdre, Terret noir, Terret blanc , pour atteindre alors une superficie de 55 ha. Un nouveau chai est construit, c'est celui que nous connaissons aujourd'hui. 
DEJA EN 1868 UNE MEDAILLE D'OR VIENT COURONNER LE TRAVAIL ACCOMPLI.

L'histoire de ces 50 dernières années est celle de l'adaptation de nombreux cépages aux cendres volcaniques qui constituent le terroir du DOMAINE DU BOSC. Ce fut d'abord la Syrah aux arômes impétueux, le Grenache blanc puis le Grenache noir, le Cinsault.
Les plantations nouvelles s'accélèrent  : viennent alors le Cabernet Sauvignon, le Merlot, le Sauvignon aux parfums de buis, la Marsanne, le Viognier élégant et puissant, le Muscat et enfin le Cabernet Franc. Ce sont aujourd'hui plus de 14 cépages cultivés par une équipe d'une douzaine de personnes passionnées qui sont souvent les meilleurs ou les meilleures dans les concours régionaux ou nationaux de taille de conduite de la vigne. 

Tous ces cépages si différents les uns des autres demandent à la fois expérience et rigueur dans l'art de vinifier et des moyens techniques importants.
Les raisins destinés aux vins rosés ainsi que les blancs, dès qu'ils sont cueillis sont rapidement transportés vers le chai, après une macération pelliculaire ils sont pressés avec lenteur et "douceur" pour en extraire les jus les plus fruités. Ceux-ci peuvent ensuite fermenter sous température contrôlée puis être soutirés. C'est ensuite l'étape d'élevage sur lies fines pour certains d'entre eux, avant la clarification qui précède la mise en bouteilles.
La vinification des vins rouges passe par une fermentation des raisins en cuve, là aussi à température contrôlée au cours de laquelle de nombreuses dégustations quotidiennes permettront de déterminer le moment où l'écoulage devra avoir lieu. C'est ensuite une période d'élevage de quelques mois ou quelques années au cours de laquelle plusieurs soutirages sont effectués.
C'est ainsi que s'élabore au DOMAINE DU BOSC une large palette de vins dégustés et appréciés en France et en Europe.

 Les "débuts" de la famille Bésinet

" Un certain VAISIN du LANDRE avait un petit vignoble dans la région de Lodève et à la révolution il préféra perdre sa particule qu'y laisser sa tête.
Et c'est vers 1790, sous le charme de Vénus, qu'un de mes ascendants s'établit à St Georges d'Orques et notre nom évolue avec la fantaisie des scribes de l'époque : Vesinet pour les garçons, Vesinette pour les filles. De St Georges d'Orques, tout jeune bambin, j'ai gardé le souvenir de l'odeur de la cave où l'on remplissait les tonneaux qui partaient vers les "pays lointains", la Suisse, Nice, l'Amérique (Jefferson, président des États-Unis au siècle dernier avait du "St Georges" à sa table), j'ai gardé le souvenir du choc du marteau des tonneliers qui durant des jours et des jours recerclaient les tonneaux pour assurer aux clients que le vin arriverait bien et bon. Et j'ai encore les grands livres des clients de grand-père soigneusement tenus à jour d'une écriture qui me fascinait.

J'ai gardé le souvenir de réunions d'hommes en cols cassés, veste noire ou rayée, très sérieux, qui avec grand-père avaient créé la première coopérative de commercialisation qui expédiait un vin à la renommée justifiée dans le monde entier, car mon grand-père n'avait jamais assez de vin pour sa clientèle.
Le tout petit terroir jurassique de St Georges d'Orques, Murviel, Pignan où naquit ma mère fut le berceau de mon enfance. Tout petit terroir, oui, mais quelle fierté chez ces vignerons aux caves de pierre blonde, aux jardins ombragés de glycine et de vigne vierge.

Mon père JEAN un peu à l'étroit dans ce village qui commençait à oublier son glorieux passé (pour un temps seulement car St Georges renaît), s'établit il y a presque cinquante ans au Domaine du Bosc qu'il reconnaît et qu'il aime. Et c'est lui qui m'a inculqué tout jeune, cet amour, ce respect de la beauté des choses bien faites, de la vigne et du vin.
Lisant inlassablement, écoutant toujours, parcourant le Languedoc à la recherche de son histoire, mon père a recréé le domaine à son image, à l'image de la grande lignée des vignerons de race : les grands cépages aromatiques sont venus remplacer les cépages vulgaires qui durant cinquante ans seulement ont failli tuer la réputation d'un vignoble prestigieux par son passé, son histoire et sa renommée.

Et un jour, à 77 ans, il m'a dit : "il reste beaucoup à faire mais je ne suis plus assez jeune pour mettre en bouteilles et rencontrer tous ceux qui peuvent aimer ce vin". Et voilà pourquoi, il y a déjà trente ans, j'ai réappris ce que bon vin veut dire, ce que signifie une vinification soignée, ce que signifie un client qui apprécie le vin du Bosc. Et c'est aussi mon épouse venue de la lignée des Côtes du Rhône Rive droite et rive gauche, qui d'un jugement sans appel, estime que tel vin est "bien", remarquable ou encore à travailler, à mettre au point, car pour faire un bon vin, il faut savoir attendre." 

Pierre Bésinet

 

Le vin à travers l'histoire d'Agde et de Vias

Il suffit de regarder la carte de cette région pour constater que sur 15 km se jettent trois fleuves côtiers, l'AUDE, l'ORB, l'HÉRAULT qui ont été le point de convergence des flottes de commerce depuis la plus haute antiquité.
Et les Grecs ont vite découvert le rebord de basalte du volcan que longe l'Hérault formant un port naturel exceptionnel et créèrent ainsi AGATHE TICHE. La civilisation, l'art de vivre, l'art du vin s'implante si bien que nos vins de VIAS, AGDE, VENDRES, deviennent de rudes concurrents des grands vins romains. TITE-LIVE et surtout CICERON fulminent contre ces gêneurs... Sur le domaine, nous avons bien sûr retrouvé des Tegula, objets divers, un buste de marbre attestant une occupation certaine des Cinérites du Bosc.

Au transport par mer qui était de beaucoup le plus important s'est ajouté par la voie romaine dont il reste des traces splendides, le charroi par terre jusqu'à la Garonne et au Rhône permettant une pénétration par les fleuves et l'exportation des vins de cette petite région d'Agde jusqu'au confins de l'Empire.
C'est l'amphore, et en particulier l'amphore gauloise tournée chez les potiers des environs et principalement de MILLAU, c'est donc l'amphore qui permet de comprendre l'importance du vin dans l'échange commercial et dans l'art de vivre de cette époque. Avec la barbarie qui s'installe, puis les Sarrasins, les razzias diverses, la vigne étouffe, le vignoble se rétrécit pour se limiter à la production qui peut s'écouler tout à côté, à la ville proche. Le commerce disparaît et le vin avec lui.Et du domaine on ne sait plus rien.

Toutefois vers 1380-1400 un certain nombre de communes, une vingtaine en Languedoc, obtiennent le privilège d'interdire à l'intérieur de la cité, les vins étrangers, car ces communes sont des producteurs de vins importants et reconnus : VIAS et AGDE ont des lettres patentes de Charles VI roi de France datées de 1401 qui les confirment dans ce privilège. Ce privilège est renouvelé en 1756 pour les seules villes de LIMOUX, UZES, VILLENEUVE LES AVIGNON, CASTELSARRASIN, SOMMIERES, BEZIERS, BEAUCAIRE, NARBONNE, PEZENAS, VIAS, RABASTENS, AGDE, CASTRES, ALBI et GAILHAC, montrant ainsi leur antériorité et leur importance dans la vigne et le vin. Le vin renaît avec une nouvelle civilisation qui s'étend par la langue d'Oc, véhicule incontesté du raffinement des Cours d'Amour et langue des conteurs du Moyen Âge.

Le Domaine du Bosc réapparaît dans l'histoire vers cette époque : c'est une dépendance des évêques d'Agde, occupée par quelques moines qui font de l'élevage et du vin. D'ailleurs l'évêque a une résidence à VIAS encore en état remarquable avec ses fenêtres à meneaux et une cheminée magnifique dans la grande salle aménagée avec sobriété en restaurant.
On retrouve vers 1600, le port naturel d'Agde et le commerce du vin y reprend une importance déterminante, "les muids", les barriques étant expédiées vers l'Espagne, l'Italie, la Grèce et autres lieux. Un peu plus tard l'ouverture du canal du Midi reliant Bordeaux au Rhône, va ouvrir les marchés intérieurs à ces vins renommés.

La carte de Cassini de 1770 montre bien le vignoble installé uniquement sur les parties hautes, le plateau de Serignan, la côte Ouest de l'Hérault au nord de Vias, la côte Est de l'Hérault sur Agde et les zones volcaniques.
La catastrophe n'est pas loin avec l'ouverture des marchés énormes que crée le chemin de fer. Comme un ras de marée, la vigne déferle dans la plaine ravageant tout sur son passage, les coteaux sont désertés, les cépages de qualité abandonnés ; la production de l'Hérault de 7 millions d'hectos de bons vins, passe à 14 millions d'hectos de vin pour "train complet".

Et c'est évident, les quelques millions d'hectos de grands vins perdent leur réputation, noyés qu'ils sont dans cette masse anonyme qui les emporte.
Le Domaine du Bosc qui était monacal, il y a deux siècles, se structure et les bâtiments agrandis entre 1780 et 1850 pour prendre la forme qu'ils ont gardé depuis. Et c'est en 1868 que Monsieur DUFOUR professeur à l'école d'agriculture à Montpellier reçoit pour les efforts accomplis une médaille d'or qui lui vaut les honneurs de la presse. Puis le domaine s'endort quelques années dans l'anonymat pour renaître avec la famille BESINET et retrouver les valeurs de ses origines.

L'histoire des cépages

Lorsqu'un grec débarqua pour la première fois sur les bords de l'Hérault, quelques siècles avant Jésus Christ, il regarda la végétation naturelle semblable à celle de son pays et sut par ce seul regard que la vigne pourrait y pousser et prospérer. C'est de toute évidence ce qu'il fit en créant Agde, c'est ce qu'en attestent toutes les recherches archéologiques et historiques. Dès lors que la vigne est implantée, que l'amphore voyage par terre et par mer, que le romain construit son immense empire, la civilisation du vin, l'art de vivre du vin s'installe et la demande est telle dirait-on aujourd'hui que l'offre ne suit pas...

Vers la fin du 1er siècle, les Gallo-romains ont su créer, ont mis au point tout le capital génétique des grands vins aromatiques que nous connaissons. En s'appuyant sur des considérations biologiques, l'historien Columelle a établi la filiation de la majorité des cépages "septentrionaux" qui ont été créés dans la Narbonnaise, qui y ont prospéré en produisant des vins renommés, puis ont permis à chaque région d'avoir sa vigne et son vin. Mais plus on monte vers le nord, plus la vigne vit des conditions précaires : certains millésimes sont excellents, d'autres médiocres ; les accidents climatiques sont nombreux. Un des grands spécialistes de la vigne GUYOT, à la fin du siècle dernier dit à qui veut l'entendre : "replantez en Languedoc les cépages septentrionaux. Le CABERNET-SAUVIGNON, le COT, la SYRAH, la ROUSSANNE, le PINOT seront la gloire du midi car ils pourront acquérir dans cette région des qualités supérieures parce que le climat convient mieux pour la vigne". 100 ans ont passé.

Vers 1950 commence au Domaine du Bosc des recherches, des études du sol parcelle par parcelle. Il faut broyer les agrégats volcaniques, avec pour seul matériel la charrue, qui en 1850 servit à Mr Dufour à replanter le vignoble après sa destruction par le phylloxera. Il faut rechercher des porte-greffes pour ce sol particulier ; il faut chercher des greffons de Syrah, de grenache blanc, de grenache noir, et de bien d'autres cépages car il n'existe à peu près rien à cette époque. Il faut risquer des erreurs aussi. Cependant peu à peu se modèle un vignoble moderne et qui renoue à la grande tradition gallo-romaine.

Successivement furent plantés : La Syrah originaire de Thain l'Hermitage dont chacun connaît la puissance aromatique à la fois sauvage et impétueuse. On pourrait croire que ce cépage porte en lui la violence, la fougue, la puissance du Rhône qu'il domine sur les coteaux escarpés. Le Grenache blanc qui fait les délices des amateurs de Rivesaltes, acquiert sur le terroir du Bosc une palette aromatique d'une exceptionnelle qualité. Le Grenache rouge plus connu en Côtes du Rhône et en Provence, cépage exubérant, imprévisible : difficile à conduire, à maîtriser, à comprendre mais quelle élégance en rouge ou en rosé !
Les Merlot et Cabernet-Sauvignon qui reviennent en Languedoc après une trop longue absence, ont fait leur preuve à Bordeaux et ailleurs. Pline, le naturaliste ne dit-il pas déjà de ces vignes :"elles rendent en quantité un vin qui se garde longtemps et se bonifie au bout de quelques années".
Le Sauvignon et le Chardonnay, deux cépages dont la finesse et l'ampleur aromatique confirment les prédictions de Guyot.
Enfin la Marsanne. Pour ce cépage, a été pris le risque de tronçonner sur pied une vieille vigne pour la regreffer. Ainsi a été recréée non sans mal, une vieille vigne en deux ans. Des arômes un peu sauvages d'ortie écrasée précédent une rondeur en bouche qui en fait son charme.